Vers New York - Mixage Album Sharko - "Avion et Attention Monsieur Cinéma ici" (1/11)

18 Apr 2016

(Pour info: journal tenu lors de notre séjour à New York en janvier 2016. J'y étais alors, avec notre manager, pour mixer le nouvel album de Sharko; "You Don't Have To Worry". Il s'agit de mes impressions notées quotidiennement et reprises ici.)

 

Cher journal, à peine entré dans l'avion qui nous emmène à New York pour mixer cet album avec Mark Plati, j'explore la liste des films mis à disposition (attention Monsieur Cinéma ici) oh quelle chance, que des navets!

(C'est quoi un navet Monsieur Cinéma? Un navet, c'est un film qui accompagne cette tenace réflexion: comment des gens intelligents - commerciaux, artistes, décideurs, producteurs, réalisateurs et créatifs en tous genres - ont-ils pu valider cette idée de mert, ce concept ou cette scène catastrophique sans rencontrer une voix de résistance, juste et sage? Est-ce qu'il y a de bons navets? Oui hein. Un bon navet, c'est un film qui se déroule, et sitôt le générique de fin entamé, on a tout oublié, on a rien retenu.)

 

Navet de chez navet 1 (the winner): "Danny Collins" dans lequel on veut me faire croire que Al Pacino est une star du rock qui beugle des chansons tout cake sur une scène surpeuplée de faux zicos sapés 1993 devant un faux public exag' hystérique?

Comment Al Pacino tient son micro, à deux mètres de sa bouche, avec une telle vulgarité et comment il joue mal, ça m'a fait de la peine pour lui et son talent des années Dog Day, Heat, Godfather ou Serpico. Ai tenu cinq minutes.

 

Navet 2: "Une Nouvelle Chance". Clint Eastwood joue un vieux briscard du monde du base-ball. On le découvre dans son appartement tout gris, il se lève au petit matin avec difficulté, il n'y voit plus grand chose, va vers les toilettes et entame un monologue avec son pénis: "Allez Coco, vas-y, tu peux le faire, laisse-toi aller, vas-y mon pote".

Comment son entourage et l'équipe du film ont t-ils cautionné une scène affreuse de prostate capricieuse? Ai tenu dix minutes et mon voisin de siège m'a soufflé: "A ce rythme-là, vous aurez vu tous les films avant le décollage...”.

 

Navet 3: "The Walk". L'histoire vraie de Philippe Petit, ce funambule parisien qui a traversé le vide sur un fil entre les deux tours du World Trade en 1973 est, à la base, vibrante. (J'étais resté sans voix devant le documentaire qui lui fut consacré il y a quelques années: "Man on Wire".)

C'est ici faussement bien réalisé pour Imax, tout ressemble à un décor d'intérieur sans vie ("Plus belle la vie" à côté, c'est Bollywood), le personnage joué par Gordon-Levitt est supposé être, au début du film, en haut de la Statue de la Liberté. C'est aussi réaliste que moi faisant un parfait de foies de volaille aux truffes 3 étoiles dans ma kitchenette une taque.

Bref, je croyais être au bout de ma peine quand coup sur coup, ces deux scènes atroces: Philippe Petit est français, il est clown de rue à Paris et il croise une top sexy française. Mais c'est un film américain; il est donc hors de question de sous-titrer un blockbuster pour les américains! Comment faire? Ben, on y va au bazooka: Philippe (joué donc par Gordon-Levitt) flirte: "Hello. My name iz Philippe!"

La fille: "Bonjour, pourquoi en anglais? T'es français, non?" Philippe: "Yes, but I have-euh to practice ze english becauze I am going to New York!"

La fille: "Ah ok... My name is Annie then!"

Et le film continue en anglais. OMG.

Arrive une deuxième scène atroce: Philippe regroupe ses associés chez lui en vue de préparer la traversée des tours. Ils sont cinq: un belge et quatre français. Même dilemme, comment éviter les sous-titres?

Philippe: "Ok guyz, let's do it with a rope between..."

Les autres: "… Oh Philou, c'est quoi ce délire en anglais? T'es teubé ou quoi?"

Philippe: "Guys, in english pleaze! We need to practice and sound like real people from New York!" Affreux.

Et le film de continuer en anglais.

Sans moi.

 

L'avion va atterrir, pas pu dormir, j'ai les oreilles en pots de miel à bourdons.

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